Télévision et web: la confusion des genres

Deuxième volet de la série “Télévision, c’était demain 2”

Les amateurs de Jell-O aiment-ils Les Simpsons?

Au début des années 90, Arbitron, une firme de recherche média et marketing, offrit au fabricant de Jell-O et autres annonceurs de connaître les goûts télévisuels de leurs clients. L’entreprise voulait mettre fin au monopole de AC Nielsen en lançant ScanAmerica: en plus d’un d’un audimètre qui permettait de compiler leur écoute de la télévision, les familles participantes recevaient un scanner avec lequel elles devaient balayer le code UPC de tous leurs achats.

L’expérience prit fin au bout de trois ans, officiellement parce qu’Arbitron ne réussit pas à convaincre suffisamment de clients que l’important investissement demandé justifiait les résultats obtenus, si intéressants étaient-ils.

Pour ma part, je soupçonne le facteur humain d’avoir une part de responsabilité dans cet échec.

Cela me rappelle un rapport rédigé par un VP de Nielsen Canada au sujet de leur première expérimentation avec les audimètres, à la fin des années 80. Le titre était un constat simple : People Meter: If It Weren’t for the People. Le gadget était parfait, mais il demandait à l’humain d’interagir avec la bébelle électronique toutes les 15 minutes pour confirmer sa présence devant l’écran. Ce que l’humain s’est bien vite lassé de faire, n’ayant aucun gratification à en retirer, tout volontaire et féru de bébelles électroniques était-il.

Le facteur humain veut communiquer avec le monde entier

Aujourd’hui, nous sommes bien loin de cette époque antédiluvienne où se divertir dans le confort de son foyer reposait sur une proposition simple: s’asseoir sur le sofa, mettre la télévision à on, choisir une émission parmi des grilles de programmation mises en ondes par tout au plus une trentaine de chaînes, mettre le cerveau à off.

Et vivre cette expérience uniquement avec les personnes présentes dans la réalité physique dudit sofa.

Deux tendances se dessinent quant à l’avenir du divertissement au foyer, soit l’internet-isation de la télévision ou l’adoption d’un deuxième écran équipé d’applications de télévision sociale.

Dans le premier cas, le poste de télévision du salon familial permet de surfer le web, de se connecter sur les  réseaux sociaux et d’aller chercher du contenu vidéo en ligne. Dans le deuxième, on interagit avec son réseau social autour d’une émission de télévision grâce à une application pour tablette, téléphone intelligent ou portable.

Dans tous les cas, on conjugue expérience de visionnement et communication interactive avec le monde entier. Ou du moins une communauté d’intérêt. Mais surtout, on laisse derrière soi une longue, très longue traîne de métadonnées, un univers de métadonnées en passe de devenir une monnaie d’échange très convoitée. Et cette monnaie d’échange, le téléspectateur connecté d’aujourd’hui, la fournit gracieusement aux entreprises qui peuvent en extraire tout le jus à leur aise.

Il y a 20 ans, on cherchait à savoir quelles émissions les amateurs de Jell-O écoutaient pour mieux cibler la publicité pouvant les appâter. Aujourd’hui, les amateurs de Jell-O s’affichent dans l’univers, on peut les suivre à la trace et leur proposer une application, un jeu, un achat, bref, des gratifications immédiates.

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Pour les personnes intéressées par le sujet, voici des liens vers quelques articles intéressants:

Why Social TV will be a multi billion dollar business 

Social Media Brings New Engagement to TV 

The Future of Connected TV and Why It may just Revolutionise Adland 

How Connected TV will tranform Advertising

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