Apparition spectrale …

La route des hyperliens sur Google est jalonnée de détours inattendus.   Ainsi, en épluchant le « Rapport de surveillance des communications » du CRTC afin d’essayer d’apercevoir l’avenir des communications, j’ai suivi un itinéraire où est apparue l’image de fantôme ci-dessous…

D’un rapport aride du CRTC à une image de fantôme, en quelques clics, la magie du web!

Vous ne voyez pas le fantôme? Ce n’est pas grave, moi non plus! Mais la dame qui a envoyé la photographie au site About.com: paranormal phenomena est convaincue qu’il s’agit de la tête d’un homme avec une casquette qui s’est révélée sur sa photo après qu’elle l’ait prise.

 

Comment un aride rapport du CRTC a-t-il pu mener sur cette piste? Suivez le guide.

Le rapport indique que l’industrie des communications, dans son ensemble, a connu une hausse de ses revenus de 2,1% par rapport à 2008, malgré la récession et la baisse des revenus publicitaires de la télévision traditionnelle (décroissance de 9% depuis 2005 pour la télévision de langue française).

Intéressant… j’explore donc les raisons de cette hausse. Première explication: augmentation des revenus des distributeurs de services de télévision de 7,4 %.  Dans un pays où le taux de pénétration de ces services atteint 90% des foyers, il y a fort à parier que les irréductibles non abonnés ne le seront jamais. Effectivement, il n’y a pas eu une hausse des abonnements équivalente mais plutôt une hausse des revenus par abonnés. La télévision numérique est arrivée à temps pour cette industrie qui ne veut pas partager ses revenus avec la télévision traditionnelle (mais ça c’est une autre histoire – voir mon billet sur la décision du CRTC).

Deuxième explication: augmentation des revenus des services spécialisés, payants, à la carte et sur demande de 6%. Cela est dû à l’augmentation du nombre de services, passé de 148 à 180 en quatre ans (CRTC – Relevés statistiques et  financiers 2005-2009).  Si on prend les 24 heures d’une journée, multipliées par les 30 quelques millions de Canadiens et Canadiennes, divisées par les 26,5 heures passées chaque semaine devant la télévision par la moyenne des patates (de sofa), qu’on jette dans l’équation la centaine d’adopteurs précoces, en file devant l’Apple Store de la rue Ste-Catherine à Montréal à 4 h 30 du matin pour obtenir le premier iPad… on obtiendra bientôt une offre de services de télévision canadiens qui excédera la demande.

Alors, où les quatre grandes entreprises canadiennes de communications intégrées (BCE, Telus, Rogers et Quebecor) trouveront-elles leurs profits dans les prochaines années?  Suivons l’argent: les revenus de l’industrie des communications se sont établis à 55,4 milliards $. 74% de ces revenus provenaient des télécommunications, soit 41 milliards $. En 2009, 41% des revenus des services de télécommunication provenaient des services sans fil.

Autre fait intéressant provenant d’un autre rapport du CRTC (Naviguer dans les eaux de la convergence – février 2010):

En 2008, 74,3 % des foyers canadiens étaient abonnés à des services sans fil55. Bien que la croissance des abonnements ait fléchi, celle des revenus de données demeure vigoureuse. Le revenu moyen par utilisateur (RMPU) est passé de 49 $ par mois pour les services sans fil en 2004 à 60 $ par mois en 2008. Les analystes font porter le crédit d’une grande partie de l’augmentation sur l’utilisation des données pour des services comme le courriel, l’envoi de messages texte, la navigation sur le Web et, de plus en plus, la livraison de contenu audio et audiovisuel.

Pour la livraison de contenu audiovisuel, les téléphones intelligents ont besoin de connexions à haut débit, les réseaux 3G et 4G par exemple.  En 2009, environ 55% de la population canadienne était abonnée à un service 3G.

Et sur quoi naviguent les connexions sans fil à haut débit?  Sur le spectre,  un espace conceptuel sur lequel est organisé et hiérarchisé le phénomène physique des ondes électromagnétiques. La plupart des états considèrent que le spectre est un bien public, une ressource nationale qui a l’avantage d’être inépuisable, mais pas illimitée. D’où la nécessité d’en confier la gestion à des organismes publics. Au Canada, cette responsabilité est exercée conjointement par le CRTC et Industrie Canada.

Est-ce que l’Eldorado de la communication de demain se trouvera dans la mobilité?  Une entreprise comme Rogers, par exemple, s’y prépare : elle contrôle du spectre dans toutes les plus importantes radiofréquences de communication.

Pour l’instant, je ne vois pas le spectre dans la photo, mais je vais continuer à regarder. 

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