Une industrie méconnue: la production multimédia

Montréal est l’un des pôles importants de l’industrie du jeu vidéo, comme on nous l’a rappelé lors du lancement de la nouvelle édition du jeu Assassin’s Creed par Ubisoft la semaine dernière.

Derrière ce succès planétaire fabriqué chez nous mais dont les profits sont récoltés ailleurs en grande partie, il y a tout un écosystème d’artisans, de créateurs, de designers, de techniciens, de programmeurs, de producteurs. À l’échelle canadienne, ce secteur est constitué de 8% de très grandes entreprises  qui contrôlent 71% des revenus totaux de l’industrie. Et ces entreprises sont majoritairement d’origine étrangère.

Pour qui est intéressé à entendre un autre point de vue au sujet de l’industrie du multimédia d’ici, je recommande la lecture du mémoire déposé par le Regroupement des producteurs multimédia (RPM) à la Commission d’examen sur la fiscalité québécoise  que j’ai eu le plaisir de rédiger. Un plaisir, vraiment, parce que ce genre de mandat est en plein dans mes cordes, mais aussi parce que cela m’a permis d’accéder aux coulisses d’une industrie méconnue et moins visible que celle de la production de film ou de télévision, mais à mon avis, en instance d’émergence.

Pour les pressés, voici le sommaire du mémoire:

Le RPM représente les producteurs actifs en production de contenu et d’œuvres de commande, de jeux, ainsi que de contenu de convergence ou original sur les nouvelles plateformes de diffusion numérique.

Les membres du RPM sont actifs dans plusieurs secteurs qui bénéficient d’aides fiscales mises en place par le gouvernement québécois, mais ce mémoire traite principalement du crédit d’impôt lié à la production de titres multimédia.

Ce crédit, instauré par le gouvernement québécois en mai 1996, a grandement contribué au développement d’une industrie du jeu vidéo de premier plan, créatrice d’emplois bien rémunérés, de même qu’au développement de la production multimédia dans son ensemble.

Mais, à l’échelle canadienne, cette industrie s’inscrit dans un environnement constitué de 8% de très grandes entreprises – dont une bonne partie est d’origine étrangère – qui contrôlent 71% des revenus totaux de l’industrie.

Pour le RPM, cette situation est le reflet des effets négatifs que les politiques actuelles ont sur le développement d’un écosystème équilibré et structurant pour les industries numériques et multimédia au Québec. La politique a fait ses preuves, mais il est temps qu’elle évolue.

Nous endossons ce diagnostic de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain : il faut amorcer un changement à l’écosystème actuel, où évoluent une multitude d’individus et de microentreprises cohabitant avec quelques grandes multinationales, pour passer à un écosystème caractérisé par la présence accrue de firmes de taille moyenne, leaders dans leur domaine créatif et qui rayonnent à l’international.

Parmi les situations qui nuisent au développement de l’écosystème, signalons :

  • Concurrence pour la main d’œuvre qualifiée, remportée par les très grandes entreprises;
  • Déséquilibres entre culture et divertissement, entre enjeux industriels et culturels, entre médias traditionnels et médias numériques;
  • Absence de valorisation de la propriété intellectuelle d’ici;
  • Difficulté pour les entreprises en démarrage à accéder au crédit d’impôt et à du capital de démarrage;
  • Absence de soutien pour l’accès aux marchés et réseaux de distribution;
  • Frein au développement d’une grappe industrielle causé par la pénalité à la sous-traitance.

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