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Découvrabilité volet 2

Pour la suite du rapport Découvrabilité fabriqué pour le Fonds des médias du Canada (avec l’ONF, Téléfilm et l’OTM), cliquer ici.

L’objectif de ce deuxième volet est d’explorer la découvrabilité du point de vue des auditoires canadiens : comment ceux-ci apprennent l’existence de contenu, comment ils font leurs choix et quels sont les principaux vecteurs de découvrabilité.

L’Observateur des technologies médias a ajouté des questions portant sur la découvrabilité à son sondage du printemps 2016, et le rapport en rend compte dans la dernière section. Les résultats de ce sondage confirment certaines hypothèses évoquées dans le premier volet, en particulier l’importance des recommandations d’amis, mais une analyse plus approfondie laisse entrevoir un environnement où ces comportements humains pourraient être harnachés par la technologie.

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Attendez de voir ce que cet article tente de vous expliquer!

Il fallait bien que je revienne avec un bang après près de six mois d’absence.
D’accord, c’est un titre tout à fait incongru mais j’avais envie de jouer le jeu de ces sites (Upworthy en tête) qui pratiquent l’art de titrer pour attirer les clics. Bon, maintenant que j’ai votre attention, je la retiens pour un billet que j’ai publié il y a deux ans, sur un autre blogue. Il me semble tout à fait d’actualité au moment où le sujet de la neutralité du net alimente le débat chez les voisins américains et fait craindre la fin de l’Internet tel qu’on le connaît aujourd’hui. À écouter en accompagnement, cette émission de La Place de la toile, une émission de France Culture sur les cultures numériques, où un chercheur suisse parle de son livre « Les fins d’Internet ».
Mon article avait été publié en avril 2012, et s’intitulait: « Quel avenir attend l’Internet? Un jardin privé, une jungle ou une cité moderne? » Le voici:

En août 2010, le magazine Wired  avait jeté un pavé dans la mare en publiant un dossier spécial qui prenait radicalement position : The Web is dead. Long live the Internet.

Pour sur-simplifier, résumons  l’argument de Chris Anderson ainsi : les applications mobiles, si séduisantes, faciles d’accès et d’utilisation pour les usagers, tellement plus simples à monétiser pour les entrepreneurs, existent en dehors de l’architecture du Web ouvert, accessible par navigateur. Anderson en concluait que, logique capitaliste aidant, « the Web is not the culmination of the digital revolution ».  (Cela dit, il ne prédisait pas sa mort, mais plutôt sa marginalisation dans l’écosystème numérique.)

Récemment, je lisais ce titre sur ReadWriteWeb :« How social networks are killing the Internet ». Sur-simplifions encore : l’auteure déplore le fait que sa vie en ligne transite nécessairement par Facebook et autres médias sociaux sans lesquels elle ne peut plus vivre. Ceux-ci cultivant avec jalousie leurs jardins privés (walled gardens), la porte d’entrée se referme sur nous dès qu’on la franchit. Il fait si bon batifoler, échanger et partager à l’intérieur de ces jardins (et, accessoirement, y semer nos si précieuses données personnelles qui sont par la suite récoltées et revendues par les jardiniers) qu’on ne veut plus les quitter pour s’aventurer dans l’Internet, qui se transforme peu à peu en jungle impénétrable.

(En fait, elle confond Web et Internet. L’architecture du Web, porte d’entrée universelle, conviviale, publique et gratuite sur l’Internet, s’étant imposée comme la représentation graphique du net, il est normal de confondre. À plus forte raison quand on est digital native et qu’on n’a pas connu l’Internet pré-Web, ces écrans faits de textes sans images et sans hyperliens).

La convergence : là ou le passé et l’avenir se rejoignent

Il est toujours bon de retourner dans le passé quand l’avenir devient flou.  On appelle ça regarder d’où l’on vient pour savoir où l’on va. Et si le passé est garant de l’avenir, pour continuer dans les formules toute faites, le Web, l’Internet, les médias sociaux ne devraient pas disparaître, mais plutôt converger. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout converge.

La convergence, c’est l’adaptation en parallèle et semblable de systèmes, d’espèces, d’organismes face aux pressions de leur environnement.  Mot buzz des années 1990, convergence est plus ou moins disparu de l’écran radar des médias ces dernières années, peut-être parce que la convergence est devenue un fait accompli dans les industries de la radiodiffusion et des télécommunications, les premières concernées par cette adaptation à de nouvelles réalités environnementales.

La convergence rejoint maintenant la réalité du monde numérique : l’Internet, le Web et les médias sociaux sont déjà en train de s’adapter aux pressions de leur environnement et d’évoluer vers une nouvelle phase de leur développement.

Et cette convergence, selon des experts interrogés par le  Pew Research Center’s Internet & American Life Project, pourrait se faire dans les nuages, mais la simplicité qui en découlera aura un prix.

L’organisme a publié en mars 2012 le résultat d’une enquête, The Web Is Dead?, menée auprès d’un groupe d’experts reconnus afin de vérifier ce qu’ils pensaient du postulat de Wired.

On leur a demandé de choisir entre deux visions du Web de 2020, et 59% d’entre eux se sont déclarés d’accord avec cette vision optimiste d’un web ouvert qui favorise la communication et l’innovation :

 In 2020, the World Wide Web is stronger than ever in users’ lives. The open Web continues to thrive and grow as a vibrant place where most people do most of their work, play, communication, and content creation. Apps accessed through iPads, Kindles, Nooks, smartphones, Droid devices, and their progeny—the online tools GigaOM referred to as « the anti-Internet »—will be useful as specialized options for a finite number of information and entertainment functions. There will be a widespread belief that, compared to apps, the Web is more important and useful and is the dominant factor in people’s lives.

Comme l’indiquent les auteurs du document, il ne s’agit pas d’un simple débat sur la meilleure technologie ou le modèle d’affaires qui aura le plus de chances de succès. C’est un mouvement plus profond qui affectera la façon dont nous aurons accès à l’information, à la culture, au savoir et la façon dont nous nous connecterons les uns avec les autres.

Mais pour en revenir à la proposition de départ, c’est-à-dire que le web ouvert et universel est mort, tué soit par des applications, soit par des réseaux sociaux  propriétaires qui monnayent l’espace numérique qu’ils occupent, il s’agit peut-être de formules tournées pour retenir l’attention, mais elles reflètent tout de même la réalité de la bataille sur le contrôle de l’accès qui se mène dans les coulisses de l’univers numérique. Pour plusieurs des répondants à l’enquête du Pew Research Center, le développement de l’Internet mobile est dominé par la recherche de profit aux dépens du réseau global, ce qui aura pour effet d’amener les entreprises à privilégier le cloisonnement du Web et à recourir aux applications, plus faciles à contrôler et à transformer en produit monnayable. Selon un répondant : “It is another click toward stripping citizens of their ability to create and control their technological environment.”

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Un article récent du New York Times explique ce qui est en train de se passer dans le dossier de la neutralité du net et de la menace qu’il fait peser sur le réseau des réseaux.

 

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L’accès est roi

Au Québec on dépense davantage pour accéder à la culture que pour la culture elle-même. À qui profite cette tendance, aux créateurs ou à ceux qui contrôlent l’accès aux canaux de distribution?

En mai dernier l’Observatoire de la culture et des communications du Québec publiait dans son bulletin Optique culture portant sur « L’évolution des dépenses culturelles des ménages québécois, de 1997 à 2009 » le constat suivant: « De manière générale, les ménages québécois dépensent de moins en moins en produits culturels, mais de plus en plus en accès à ces produits. »

La  part consacrée aux produits culturels est passée de 57% en 1997 à 39% en 2009, tandis que celle consacrée aux « produits d’accès aux produits culturels » (équipements électroniques, services de téléphonie cellulaire, services internet, etc.) est passée de 34% à 55%. L’OCCQ inclut les frais de télédistribution (câble et satellite) dans les produits culturels parce qu’ils sont à la fois un produit d’accès et un produit culturel  (consacrés uniquement à la consommation d’émissions de télévision).

Mais l’OCCQ souligne que si les frais de télédistribution étaient plutôt envoyés dans la colonne « produit d’accès aux produits culturels », la part des dépenses en produits culturels serait passée de 41,0 % à 21,2 %, de 1997 à 2009.

Les données les la plus éloquentes de ce tableau, à mon avis, sont les dépenses consacrées aux services internet et aux services de téléphonie cellulaire qui sont classés comme des « produits non destinés à la consommation culturelle mais qui peuvent être utilisés à cette fin ».  Ce sont les dépenses de cette sous-catégorie qui sont responsables du renversement de la tendance: leur part est passée de 18% à 38% entre 1997 et 2009.

Récemment, le New York Times rapportait l’histoire d’une jeune stagiaire du réseau NPR (la radio publique américaine) qui avait écrit sur le blogue de NPR qu’elle possédait une discothèque d’au moins 11 000 titres, mais qu’elle avait payé pour tout au plus 15 albums dans sa vie. Cet article a déclenché des discussions enflammées sur les considérations morales autour du fait de priver des artistes de la juste rémunération pour leur travail.

Mais il y a surtout dans l’article de la jeune stagiaire une déclaration sur laquelle il vaut vraiment la peine de s’arrêter:

But I honestly don’t think my peers and I will ever pay for albums. I do think we will pay for convenience.

Avant la dématérialisation des supports, on payait pour la possession du produit physique (un disque, un journal, un livre), aujourd’hui on paye pour l’accès, que ce soit via un abonnement à un service internet, un service de téléphonie cellulaire ou encore un abonnement à un agrégateur.

La rémunération des contenus a migré de l’acquisition d’un support physique à l’acquisition de l’accès au produit. Mais encore faut-il que le contenu ait accès, justement, aux canaux de distribution.

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Le contenu est roi? Question de point de vue.

Publié cette semaine sur le blogue de MIXMÉDIAS Montréal (très bientôt à Montréal, conférenciers fabuleux, il est encore temps de s’inscrire), une réflexion autour du thème de cette conférence: le contenu.

Le contenu ce grand méconnu, qui est parfois roi, parfois sujet, qui emprunte toutes les formes maintenant qu’il coule sur le web dans un flot d’hyperliens, d’images, de vidéos, de conversations, de tweets et retweets, de hashtags, de like ou pas, et qu’il est mis en boîte, dans toutes sortes de boîtes, ouvertes, enveloppées, barricadées, emmurées.

Au-delà de la poésie, il y a une réalité économique: ce sont ceux qui exploitent le contenu, pas les créateurs et producteurs, qui empochent. C’est ce rapport de force qui est à la base du débat en cours au sujet des droits d’auteur. Dans le carré obèse, les tenants de l’assouplissement des règles, naturellement.

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La bande des quatre et l’invasion des Joueurs Étrangers!

Au Canada, ils sont quatre à pratiquer l’intégration verticale et ils sont les champions mondiaux de cette discipline.

Les parts de marché combinées de Shaw, Rogers, Bell et Quebecor dans la distribution, la programmation, l’accès Internet fixe et les communications mobiles dépassent largement celles des Américains. Dans ce domaine, nos entreprises canadiennes font mordre la poussière aux géants Comcast/NBCU (nouveaux mariés, par ailleurs), DirecTV, Time Warner Cable et Dish Network (entre autres parce que les américaines ne sont pas dans le mobile).

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Au rendez-vous des médias citoyens, la bataille de l’accès

Qu’est-ce qu’un média citoyen?

Je suis sortie du Rendez-vous des médias citoyens de lundi dernier avec une meilleure idée de ce que ce terme désignait et l’impression que les questions posée dans mon dernier billet (en bref: sur la responsabilité et sur la sagesse des foules), étaient dépassées dans ce contexte. Ou plutôt qu’elles relevaient d’une perspective faussée, celle des médias traditionnels.

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