contenu, financement du contenu, nouvelles, télévision

Et maintenant, une pause publicitaire

En faisant la recherche pour deux billets portant sur le contenu de marque pour Écran de veille du FMC, j’ai découvert plusieurs vidéos en ligne qui existent grâce à une marque, mais qui ne sont pas manifestement des publicités. Parmi celles-ci quelques trucs intéressants et quelques bijoux:

La série Seinfeld et Superman, pour American Express, est un ancêtre du genre (elle date de  2003). La page d’accueil du site trahit son âge:

superman_seinfeld

On peut trouver des copies de mauvaise qualité sur YouTube, ou aller sur le site officiel en cliquant ici . Je ne peux pas l’imbriquer sur cette page. c’est dire à quel point c’est vieux, pas moyen de partager…

Maintenant, comparons ce contenu de marque de l’ancien temps à cette vidéo d’une chanson, Dumb Ways to Die,  qui fait partie d’une campagne intégrée récipiendaire de cinq prix aux « Cannes Lions » (à prononcer à l’anglaise, étant donné que tout se passe en anglais seulement).  Il s’agit d’une campagne de prévention pour le métro de Melbourne en Australie. Avertissement: la chanson est très accrocheuse et vous restera dans la tête (vous l’avez peut-être déja vue, comme plus de 50 millions de personnes l’ont fait sur YouTube):

Un autre lauréat aux Cannes Lions, le Grand Prix de la catégorie Branded Content: la série de films « The Beauty Inside » dont je parle dans le premier billet sur Écran de veille. On peut visionner une vidéo expliquant cette production ici. Voici le premier épisode:

Maintenant quelque chose de différent:  une campagne B2B  (business to business) pour une compagnie qui vend des logiciels de gestion de la chaîne logistique. Je ne sais pas quel effet aura eu cette série sur les ventes de la compagnie, et elle n’a pas eu beaucoup de hits sur YouTube, mais les films sont très drôles. J’ai visionné les six épisodes avec plaisir. On peut les voir ici.

Pour finir, une autre campagne amusante, celle-ci pour IKEA. Produite depuis 2009, cette série est écrite et produite par Illeana Douglas – une actrice américaine – qui y joue une version « fictionnalisée » d’elle-même. C’est amusant, ça se moque allègrement de l’esprit IKEA et on peut y voir quelques acteurs connus. La série est diffusée sur la chaîne YouTube Easy to Assemble TV.

économie numérique, CRTC, culture, le sens de la vie numérique, nouvelles

Contenu numérique et abeilles : même combat

La semaine dernière, Pierre Lescure, ancien patron de Canal+, remettait son rapport « Contributions aux politiques culturelles à l’ère numérique » au président de la France (on trouve le rapport ici). Description par Le Monde de l’un des éléments controversés du rapport:

Pour la mission, la contribution des opérateurs de télécommunications au financement de la culture n’est pas contestable dans son principe. Depuis 2008, ils sont assujettis à une taxe (TST-D) lorsqu’ils distribuent des services de télévision, qui alimente le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) mais ils en ont contesté le principe devant la justice européenne. M. Lescure propose de substituer à la TST-D une taxe assise sur l’ensemble du chiffre d’affaires des opérateurs de télécommunication. Le produit de cette taxe serait affecté à un compte de soutien à la transition numérique des industries culturelles.

L’an dernier j’avais rédigé un billet pour le blogue de Mixmedia Montréal (j’ai déjà parlé de cet événement ici) qui parlait de cette idée de taxer les fournisseurs de services pour financer le contenu. Je trouve qu’il est encore d’actualité.

Je le reproduis ici – en l’éditant un peu. Pour l’article original, on peut aller ici.

Contenu sur le web: faisons payer les FSI

L’argument des créateurs de contenu en faveur de la taxation des fournisseurs d’accès et de services, serait, pour simplifier : nos contenus contribuent à votre richesse, il est normal que vous nous en redistribuiez un peu. Ou, pour en revenir aux sources d’externalité positives, c’est un peu comme si l’abeille réclamait sa part des profits de l’apiculteur, ou si l’arboriculteur, qui a mis sur le chemin des abeilles des arbres qui ont permis d’améliorer la qualité de leur miel, le faisait également.

Abeille_CoolL’idée de demander une redevance aux FSI pour financer les contenus audiovisuels distribués par internet a été soumise au CRTC en 2009  par des associations de producteurs, d’artisans et de créateurs, dans le cadre d’une consultation sur la radiodiffusion par ce qu’on appelait encore à l’époque les « nouveaux » médias.

Le CRTC avait alors décidé qu’il était prématuré de mettre en place des mécanismes de soutien à la diffusion d’un contenu canadien de radiodiffusion par les nouveaux médias, d’autant plus qu’il n’était pas possible de baliser cette diffusion (c’est-à-dire mesurer – le Conseil s’est rapidement aperçu que vouloir mesurer le contenu canadien sur l’internet revenait à essayer de mesurer les gouttes d’eau en provenance de cours d’eau canadiens dans l’océan…)

Pour que le Conseil puisse avoir juridiction sur les FSI dans le cadre juridique et réglementaire actuel,  il aurait fallu que ceux-ci soient reconnus comme des « entreprises de radiodiffusion », qui, en tant que partie intégrante du système de radiodiffusion canadien, sont tenus de contribuer à son développement. Le Conseil a décidé de ne pas décider… et, sans doute pour démontrer les limites de ses pouvoirs et la vétusté de la Loi sur la radiodiffusion (le président de l’époque a milité pour une refonte de celle-ci), a demandé au pouvoir législatif de prendre position. Il a donc renvoyé la question devant la Cour d’appel fédérale : est-ce que les FSI sont des entreprises de radiodiffusion ?

La Cour d’appel a répondu : non. Non, parce que les FSI n’ont pas de contrôle sur le contenu qu’ils transmettent.

Les groupes culturels ont fait appel devant la Cour suprême qui a tranché très rapidement : la Cour d’appel avait raison,  « Dans leur rôle de fournisseurs d’« accès à la “radiodiffusion” au moyen d’Internet », les FSI ne sélectionnent ni ne sont à l’origine de la programmation, pas plus qu’ils ne regroupent ou n’offrent de services de programmation. »

(Cela dit, si la réponse avait été affirmative, la question des redevances était loin d’être réglée. Les FSI auraient alors relevé de l’ordonnance d’exemption des nouveaux médias, ordonnance qui les exempte des obligations des autres composantes du système. En outre, reconnaître leur contrôle sur le contenu transmis aurait ouvert la boîte de Pandore de leur responsabilité face à ce contenu.)

On le voit, l’argumentation en faveur de la redevance, basée sur la théorie économique des sources d’externalité positives –  on contribue à votre richesse, c’est normal que vous nous en retourniez un peu – se bute, chez nous du moins, à un parcours semé d’embûches législatives et réglementaires.

On vit une période de transition caractérisée par une évidence : au plan législatif et réglementaire on utilise des outils du 20e siècle très peu adaptés à l’environnement culturel, technologique et économique qui se met en place au 21e siècle.

À venir, une synthèse/analyse du rapport Lescure surtout dans la perspective d’aller y chercher les constats qui me semblent pertinents et les bonnes idées qu’on devrait importer.

Internet, le sens de la vie numérique, le sens des données, nouvelles

Les utilisateurs d’internet dans le monde – suivez le guide

L’un des articles sur ce site : Le sens de la vie numérique, les Canadiens et l’Internet reçoit fréquemment la visite  d’internautes qui ont fait la recherche Google « les utilisateurs d’internet dans le monde ».

Parce que j’aime faire oeuvre utile, ce billet se veut un moyen de rendre cette recherche fructueuse pour tous ceux qui ont abouti ici en googlant « les utilisateurs d’internet dans le monde ». Cliquez sur ce lien, vous vous retrouverez sur le site Internet World Stats qui fournit, en anglais seulement – mais il en va ainsi des trucs universels – tout ce que vous voulez savoir sur l’internet grosse image (Internet Big Picture).

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Source: Internet World Stats
Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Quelques constats: au cours des douze dernières années, le nombre d’utilisateurs a explosé en Afrique (+ 3 600%), au Moyen Orient (+2 600%) et en Amérique Latine (+1 300%). Cette explosion est due, en grande partie, à l’avènement de la mobilité grâce aux téléphones intelligents et aux tablettes:

Le prochain milliard d’internautes accédera à Internet mobile, contournant dans la foulée les lignes fixes à haut débit. Une recherche dirigée par le Boston Consulting Group (bcg.com) a démontré qu’au Brésil, en Russie, en Inde, en Chine et en Indonésie, on comptera 1,2 milliard d’internautes d’ici 2015. La majorité d’entre eux accédera à Internet au moyen d’un téléphone mobile. Dans plusieurs pays, les lignes fixes à haut débit sont soit offertes à un prix prohibitif, soit inaccessibles, tandis que l’accès mobile est toujours plus disponible, et cela, à un prix relativement modique. (source: L’Économie d’Internet au Canada – ACEI 2012)

On parle souvent d’internet comme d’un espace virtuel, imaginaire, irréel. Je crois qu’il y a malentendu; un espace où une si forte concentration de personnes vivantes peuvent se rassembler, de plus en plus grâce à l’emploi d’un appareil qu’on porte sur soi, ne peut qu’être bien réel.

Cet espace dépasse même les limites de l’atmosphère terrestre:  il y a 2 405 518 375 internautes sur la planète (34,3% de la population mondiale) plus un internaute en orbite, le Commandant Hadfield, l’astronaute canadien aux commandes de la station spatiale internationale. Le Commandant tweete régulièrement (@Cmdr_Hadfield). Il publie entre autres de sublimes photos de la terre vue du ciel.

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le sens des données, musique numérique, nouvelles, web

Vente de musique: ne pas chanter trop tôt victoire

Fin février, les médias s’excitaient autour de la publication du rapport annuel de l’International Federation of the Phonographic Industry (IFPI): « Les ventes mondiales de musique en hausse pour la première fois depuis… 1998« . La tendance à la baisse amorcée depuis l’arrivée de Napster et du téléchargement en ligne serait en train de se renverser.

C’est une bonne nouvelle, mais il ne faut pas perdre de vue que les ventes d’enregistrements sonores, quel que soit le support, ont chuté de 30% au cours des 15 dernières années, tandis que la hausse relevée par l’IFPI à l’échelle mondiale est de 0,3%.

Bien sûr, les ventes de CD ont continué leur chute. Ce sont les ventes d’enregistrements sonores numériques qui expliquent l’augmentation.

Québec: l’exception culturelle

Ce dimanche, La Presse publiait un dossier au sujet de cette augmentation. On y rappelle, entre autres, qu’au Québec, nous ne sommes pas aussi adeptes de musique numérique (légale) qu’ailleurs.

Aux États-Unis, par exemple, en 2012 les ventes d’enregistrements numériques représentaient 37% des ventes totales (source). Au Québec, cette part était de 20%(source).

Autre statistique qui ne peut qu’inquiéter l’industrie de la musique québécoise: parmi les albums numériques vendus au Québec en 2012, 32% étaient des albums québécois. Et en cette époque où certains prédisent la fin du concept d’album, seulement 7% de toutes les pistes numériques téléchargées étaient québécoises (source).

On aborde également la question des services de diffusion de musique en ligne comme Rdio, Deezer, Zik (Archambault, donc Quebecor) qui représentent peut-être (ou pas – le jury est encore en train de délibérer comme disent les Américains) l’avenir de la musique.

À cet égard, il faut aller lire ce billet du blogue de Guillaume Déziel, gérant de Misteur Valaire et surtout grand spécialiste de la commercialisation de la musique à l’ère numérique. Il y parle des raisons de l’absence des albums de Misteur Valaire sur les services Deezer et Rdio. Il faut lire les lignes du billet, et ensuite, entre les lignes… pour comprendre que notre petit marché se dirige peut-être vers un mur, après s’être tiré dans le pied.

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Vissés à nos écrans

Mon dernier billet sur le blogue Écran de veille du Fonds des médias du Canada porte sur la mesure de l’auditoire dans le nouvel univers multiécrans.

En faisant la recherche, j’ai été particulièrement intriguée par un nouveau phénomène : de plus en plus, la consommation de contenus vidéos se fait « seamlessly » (sans obstacles) d’un écran de téléphone intelligent à un écran de tablette, à un écran de téléviseur. Ce qui veut dire qu’on consomme de plus en plus de contenu vidéo. Pour me citer moi-même:

Alors que hier le visionnement de vidéo était une activité réservée aux périodes de loisir, avant ou après la journée de travail, il se fait maintenant par instants « volés » tout au long de la journée. Nos habitudes de consommation ont été transformées par la mobilité et la multiplication des écrans, et elles ne seront plus jamais les mêmes.

Pour surfer sur cette vague d’écoute multiécran, Epson, la compagnie surtout connue pour ses imprimantes, a mis en marché des lunettes avec lesquelles on peut visionner du contenu vidéo en 3-D et qu’on peut se procurer pour 699$.

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Confession d’une Netflix addict

Quand j’écris au sujet du changement de nos habitudes d’écoute, je parle d’expérience. Je m’appelle Danielle Desjardins et je suis une Netflix addict. Voilà, c’est avoué!

Quand je me suis abonnée au service, c’était bien sûr pour y jeter un coup d’oeil d’observatrice pendant le mois gratuit et me débrancher ensuite. J’ai déniché un ou deux films intéressants (dont Ricky de François Ozon, un délicieux petit film méconnu – je ne crois pas qu’il ait été distribué au Québec – qui était en français avec sous-titres anglais*), puis j’ai un peu oublié et je me suis retrouvée abonnée au prix défiant toute compétition de 7,99$ par mois.

J’y suis retournée récemment et ai commencé à y redécouvrir des séries télé américaines que j’avais vues passer sur mon écran fixe, au moment où elles étaient diffusées par un réseau officiel, mais que je n’avais jamais vraiment écoutées, zappant ailleurs lors des pauses publicitaires.

Mais sur Netflix, il n’y a pas de pauses… et on peut voir le prochain épisode tout de suite. Je me rappelle, ça a commencé avec Arrested Development, une sitcom absurde qui avait connu un grand succès critique, mais pas d’auditoire, ce qui lui valu l’annulation après trois saisons en 2006.

Cette série est maintenant citée comme un exemple du nouvel âge platine de la télévision américaine, parce que Netflix a commandé une nouvelle série de 12 épisodes qui seront disponibles en mai prochain.

Mais pour en revenir à mon addiction, à partir de cette série, j’étais accrochée. Il me fallait ma dose de télévision de qualité que je pouvais écouter à mon gré, sans pauses publicitaires, en continu, ce qui facilite beaucoup le suivi des développements, des personnages et des intrigues. J’ai ainsi consommé plusieurs séries comiques : Community, Freaks and Geeks, Raising Hope, Undeclared, Unites States of Tara, Better off Ted; des séries sérieuses: The Walking Dead, Justified, Fringe, etc. Je suis en train de découvrir Dexter, cette surprenante histoire de tueur en série auquel on s’attache.

Et mon addiction est nourrie par les écrans mobiles. Allez, je me confesse: je visionne même sur mon téléphone mobile avec des écouteurs dans mon lit (je n’ai pas de tablette – je songe à commencer une campagne de socio-financement pour m’en procurer une). Je ne lis plus!

J’aime la télévision d’ici, mais mon problème avec tou.tv, ce sont les pauses publicitaires qu’il est impossible de zapper, beaucoup plus intrusives, en cela, que les pauses à la télévision traditionnelle.

Mais surtout, l’offre de découverte de télévision de qualité est beaucoup moins abondante pour une addict comme moi.

Et ça, ça m’inquiète pour l’avenir de la production d’ici. C’est sans doute un sujet que je vais aborder bientôt. À suivre, donc.

* abonnés de Netflix, ne cherchez pas le film de François Ozon, il n’est plus là. Les droits ont sans doute expiré.

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Le sens de la vie numérique : les femmes ont été les premières programmeuses

female_computers«Bien que les femmes occupent plus de 60 pour cent des emplois dans le secteur des technologies de l’information et de la communication dans les pays de l’OCDE, seuls 10 à 20 pour cent d’entre elles sont programmeurs informatiques, ingénieurs, analystes ou concepteurs système. L’éducation et la formation qualifiante – ainsi qu’un changement des comportements – sont indispensables pour garantir aux femmes qu’elles ne sont pas marginalisées».

Source : Jane Hodge, directrice du Bureau de l’égalité entre hommes et femmes à l’Organisation internationale du travail (OIT)

Pourtant, le premier ordinateur entièrement électronique de l’histoire a été programmé par une équipe de six femmes.

ENIAC (acronyme de l’expression anglaise Electronic Numerical Integrator Analyser and Computer) première machine électronique servant à résoudre, en principe, tous les problèmes calculatoires, un projet secret de l’armée américaine, a été conçu à la fin de la deuxième guerre mondiale avec l’objectif de remplacer les computers humains. Avant l’avènement de la machine à calculer et de l’ordinateur, les calculs scientifiques complexes étaient réduits en algorithmes suffisamment petits pour être calculés à la main par des équipes de computers (à l’origine ce mot anglais désigne : celui qui calcule) qui travaillaient dans une ambiance de travail à la chaîne en usine. Il y avait des hommes parmi ces computers, mais c’étaient surtout des femmes qui accomplissaient dans l’ombre cette tâche essentielle et fastidieuse.

Une fois ENIAC construit, il restait à y introduire les problèmes à résoudre. On assigna cette tâche à six femmes qui travaillaient comme computers. C’est ainsi qu’elles devinrent les premiers programmeurs de l’histoire de l’informatique … et furent largement oubliées de l’histoire jusqu’à tout récemment.