contenu, le sens de la vie numérique, médias sociaux, Twitter, web

Si un arbre tombe dans la forêt et que tout le monde tweete à son sujet, ce ne sont pas nécessairement les tweets qui l’auront fait bouger.

J’aime beaucoup découvrir des penseurs qui pensent à contre-courant.

Dans ce billet sur le blogue de webcom, je parle d’Evgeny Morozov, un professeur à Stanford, qui analyse l’impact de Twitter sur les révolutions arabes.

Il le dit, Internet et Twitter ont certainement joué un rôle actif dans ces mouvements sociaux, mais il ne faut pas leur en attribuer tout le mérite.

Et surtout, il ne faut pas perdre de vue que les régimes totalitaires s’adaptent et apprennent vite à utiliser les technologies à leurs propres fins. Comme il le dit dans cette conférence RSA (si vous ne connaissez pas les conférences RSA animées comme des histoires par Cognitive Media, c’est à découvrir d’urgence), comme il le dit, donc: Twitter et Facebook sont des plateformes publiques. Dans le passé les gouvernements devaient torturer pour obtenir les informations qu’ils trouvent maintenant sur Facebook.

Cela dit, certains régimes autoritaires auraient intérêt à parfaire les compétences de leurs fonctionnaires s’ils veulent étendre leurs tentacules dans le cyberespace. Dans sa conférence, le Professeur Morozov raconte l’histoire de la Thaïlande qui avait mis en place un site appelé « Protect the king » sur lequel les citoyens étaient invités à dénoncer les sites qui pourraient porter préjudice au roi. Il avait eu du succès : moins de 24 heures après sa mise en ligne, il avait permis de bloquer 3 000 sites.

Mais le site n’existe plus, ce que ne savait pas Morozov au moment de sa conférence, début 2009. Le gouvernement thaïlandais a cru qu’il avait été hacké par des révolutionnaires. Mais en fait, il a plutôt été victime de l’incompétence de fonctionnaires qui avaient négligé de renouveler à temps le nom de domaine protecttheking.com, qui fut récupéré par une entreprise de finances anglaise

Internet, Twitter, web

Le premier twit

L’homme twitte depuis la préhistoire*,  depuis le moment où l’humain s’est mis à inscrire des images sur les rochers.

À preuve, ces peintures datant du Paléolithique supérieur, trouvées dans les grottes de La Roca dels Moros en Espagne et recouvertes d’inscriptions gravées dans la pierre depuis l’Antiquité jusqu’aux temps modernes. Lire la suite de « Le premier twit »

Internet, médias sociaux, Twitter, web

La conversation à l’ère post-parenthèse

Nous vivons dans un monde post-parenthèses.

C’est-à-dire que nous sommes de retour après une parenthèse de quelques 500 années, la parenthèse Gutenberg. C’est la thèse de Thomas Pettitt, professeur de littérature anglaise et d’histoire culturelle du moyen-âge avancé à l’université du Sud Danemark.

À la base de sa thèse, une question: est-ce que l’ère numérique émergente marque un retour partiel à la culture orale d’avant l’invention de l’imprimerie?

Lire la suite de « La conversation à l’ère post-parenthèse »

télévision, Twitter

Compendium

Blogage vert: aujourd’hui je recycle mon matériel en faisant ici un raccourci vers les articles encore pertinents et qui peut-être intéresseront mes lecteurs qui n’ont pas exploré ce site.

médias sociaux, Twitter, web

Un village global de linottes gazouillantes

L'enfer de Dante par Botticelli

Pas pour me vanter, mais je crois bien qu’il y a des échos de mon premier billet  Twitter, une expérience optimale chez Marshall McLuhan.  Je voyais dans les médias sociaux un phénomène de transfert de notre inconscient collectif dans le monde virtuel. McLuhan, über-gourou des médias s’il en fut, fait allusion à l’enfer de Dante – une représentation de l’inconscient collectif selon Jung – dans une entrevue qu’il avait donnée au magazine Playboy en 1969 (en passant, à l’époque les hommes devaient vraiment lire Playboy pour les articles.Il faut lire cette très longue entrevue d’un intellectuel superbement opaque pour s’en convaincre.)     

Tentative de simplification de la pensée de Marshall McLuhan (les commentaires des McLuhaniens sont bienvenus, dans la mesure où ils m’aideront à comprendre le grand homme):     

  • Le média est le message parce que un média, peu importe le contenu du message, a un impact sur l’humain et la société. Comment? Un média, c’est tout ce qui génère un changement. Avant la technologie, l’homme tribal vivait en équilibre avec tous ses sens,  dans une forme de conscience collective, sans individualisme, au-delà des frontières du temps et de l’espace.  La forme primaire de communication était la parole. Dans la culture orale, l’humain agit et réagit simultanément. Tout le monde a les mêmes connaissances, vit les mêmes expériences.
  • Puis vinrent les trois innovations technologiques qui ont tranformé la société. La première: l’alphabet phonétique qui, en agissant comme intermédiaire entre la réalité et la perception que l’homme en avait, est devenu une extension de ses yeux (et de la femme, on l’aura compris, mais je ne peux m’empêcher de le mentionner) et a altéré l’équilibre des sens, fragmentant l’individu.  Bref (ouf!), l’être humain est devenu individualiste.
  • Après l’alphabet phonétique, il y eut l’imprimerie, la première mécanisation d’un art complexe – et base de la révolution industrielle  et l’électronique qui, ultimement, devrait avoir comme impact ultime la  « re-tribalisation » de l’homme. L’électronique permettra l’amplification de la conscience humaine sur une échelle globale, sans passer par la verbalisation.

Electricity makes possible–and not in the distant future, either–an amplification of human consciousness on a world scale, without any verbalization at all.     

Et ici, McLuhan parle rien de moins que de télépathie globale:     

 Via the computer, we could logically proceed from translating languages to bypassing them entirely in favor of an integral cosmic unconsciousness somewhat similar to the collective unconscious envisioned by Bergson. The computer thus holds out the promise of a technologically engendered state of universal understanding and unity, a state of absorption in the logos that could knit mankind into one family and create a perpetuity of collective harmony and peace. This is the real use of the computer, not to expedite marketing or solve technical problems but to speed the process of discovery and orchestrate terrestrial–and eventually galactic–environments and energies. Psychic communal integration, made possible at last by the electronic media, could create the universality of consciousness foreseen by Dante when he predicted that men would continue as no more than broken fragments until they were unified into an inclusive consciousness. In a Christian sense, this is merely a new interpretation of the mystical body of Christ; and Christ, after all, is the ultimate extension of man.      

     

C’est ce qu’il entendait par le village global.   

J’ai parfois l’impression que si ce village arrive, l’humain se transformera en têtes de linotte gazouillant en choeur sur leurs Ipad.  «  La linotte installe un nid fait à la va-vite, pas très loin du sol, sans trop sembler se préoccuper de le dissimuler aux yeux des prédateurs. Cela lui vaut peut-être cette utilisation péjorative de son nom dans le langage des humains : « tête de linotte »(Source: Wikipédia)    

Si je fais allusion à l’expression, ce n’est pas pour traiter d’idiots la quelque  centaine de  millions d’utilisateurs (« Twitter Has 105 Million Registered Users« ) – dont je suis.  C’est plutôt  pour établir un parallèle entre la propension de cet oiseau à ne pas se cacher des prédateurs et notre propre vulnérabilité sur l’immense terrain de jeux du web surtout livré – il me semble – aux prédateurs économiques, ceux qui veulent notre bien et vont l’avoir. Cela vient de mon inconfort face à ces nouveaux termes où on abuse des  mots « social » et « communauté » (médias sociaux, community manager). Voir par exemple la campagne « Pepsi Refresh Project »  où le fabricant d’un produit considéré comme un poison insidieux par plusieurs se vante de donner des millions à de bonnes idées positives (ces millions viennent de l’absence de publicités de Pepsi pendant le Superbowl). Où encore le projet Take Part d’American Express. 

La fin justifie les moyens?