contenu, CRTC, culture, Internet, télévision, web

La convergence: une évolution?

La télévision, n’importe où, n’importe quand…

C’est entendu, la télévision – et les habitudes de consommation du téléspectateur – changent. Voir par exemple cet article de Nathalie Collard dans La Presse d’aujourd’hui : “La télé où et quand bon nous semble”. Elle y prédit la fin de la bonne “vieille grille-horaire telle qu’on la connaît aujourd’hui”, puisqu’il “devient de plus en plus difficile d’asseoir les gens devant leur écran au moment de la diffusion d’une émission”.

Le rapport  Naviguer dans les eaux de la convergence II : Tableau des changements au sein de l’industrie des communications canadiennes et des répercussions sur la réglementation , publié par le CRTC le 18 août 2011 fournit des données qui appuient cette conclusion. La moyenne des patates de sofas consomme de plus en plus de contenu vidéo en ligne :

  • Le trafic vidéo généré par l’utilisateur individuel occupe désormais la part la plus importante du trafic internet au niveau mondial.
  • La part du divertissement en temps réel (consommation de contenu vidéo et audio) dans le trafic Internet nord-américain est passée de 29,5% à 42% en deux ans. On prévoit que d’ici 2014 le taux d’augmentation annuel de la diffusion de vidéos par Internet sur un téléviseur atteindra 144%.
  • La consommation vidéo en ligne est tributaire d’une augmentation accélérée de la technologie qui la rend possible: en 2000, il fallait compter trois jours pour télécharger un film de qualité DVD de 4 G; en 2010, il faut compter deux heures.

… mais surtout de mon sofa, après le souper

Cela dit, le rapport fournit quelques données indiquant que la patate de sofa n’est pas encore tout à fait prête à délaisser ses habitudes:

  • En 2009, les Canadiens regardaient majoritairement la télévision « en direct».  Ceci représentait des taux de visionnement de la télévision de 84 % et de 91% pour les anglophones et les francophones respectivement. Même s’il est presque certain que ces pourcentages ont baissé en 2010, on peut raisonnablement penser que les consommateurs continuent de préférer regarder les émissions de télévision selon l’horaire prévu.
  • Les consommateurs canadiens ne remplacent pas nécessairement le temps consacré à Internet par celui passé devant le téléviseur – 40% à 50 % des personnes sondées de moins de 55 ans utilisaient Internet tout en regardant la télévision, et la majorité d’entre elles ont indiqué qu’elles portaient attention aux deux. Dans certains cas, les consommateurs regardent la télévision tout en discutant avec d’autres téléspectateurs par l’intermédiaire des médias sociaux ou des blogues.

Il y a un an,  la revue The Economist publiait un dossier spécial sur la télévision qui voyait un avenir à la télévision linéaire (j’en rendais compte ici).  Les principales raisons invoquées pour la survie de la télévision de rendez-vous reposaient sur des analyses comportementales qui se résumeraient simplement ainsi: nous sommes des animaux sociaux, foncièrement paresseux qui aimons qu’on choisisse à notre place (des “followeurs”, quoi…)

Pendant ce temps, l’écosystème s’adapte

La convergence, qui est maintenant une réalité dans les industries des télécommunications et de la radiodiffusion, c’est l’adaptation en parallèle et semblable de systèmes, d’espèces, d’organismes aux pressions de leur environnement.  En biologie, on parle de convergence évolutive ou d’évolution convergente. Il est intéressant de noter que dans l’histoire humaine, ce type de convergence peut se dérouler à travers le temps. Certaines technologies ont été inventées indépendamment par plusieurs civilisations: l’écriture  par exemple, serait apparue dans les civilisations sumérienne vers 3000 av. J.-C., chinoise vers 1300 av. J.-C. et précolombienne vers 650 av. J.-C. (Source: Wikipedia – qui d’autre?)

Je trouve qu’on oublie souvent, quand on discute de l’avenir de la télévision, de considérer l’élément qui en est la base, le contenu audiovisuel. La discussion se déroule, comme dans mon avant-propos, au plan de la diffusion (où, quand, comment), où au plan de la mise en marché (comment façonner le contenu autour d’une proposition de valeur, pour pouvoir produire, puis diffuser).

Ainsi j’ai assisté la semaine dernière à un meetup organisé par un nouveau groupe, Contenu Montréal Content, autour du thème “La monétisation du contenu”.

Le directeur de la créativité média de V Télé, Franz Fontaine, a répondu à la question sous-jacente ainsi :  on finance le contenu grâce à “un nouveau modèle de coproduction et de diffusion dans lequel l’annonceur pourra non seulement financer partiellement ou totalement le projet mais également, participer à la production et au développement du scénario.”

Bref, on réinvente la commandite. Au début de la télévision, on avait rapidement compris le pouvoir de persuasion de l’intégration d’une marque dans la trame narrative:

Extrait de l’émission “Ici Louis-José Houde” diffusée à Radio-Canada. Les clochettes comptent le nombre de fois où le nom de la marque est mentionné (10).

Aujourd’hui, au lieu de décliner la marque dans une seule propriété, et d’assommer le public, on l’intègre sur toutes les plateformes disponibles.  Ça convient mieux à un public qui s’est raffiné au fil des ans et en a vu et entendu d’autres. On appelle ça le progrès.

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Télévision et web: la confusion des genres

Deuxième volet de la série “Télévision, c’était demain 2”

Les amateurs de Jell-O aiment-ils Les Simpsons?

Au début des années 90, Arbitron, une firme de recherche média et marketing, offrit au fabricant de Jell-O et autres annonceurs de connaître les goûts télévisuels de leurs clients. L’entreprise voulait mettre fin au monopole de AC Nielsen en lançant ScanAmerica: en plus d’un d’un audimètre qui permettait de compiler leur écoute de la télévision, les familles participantes recevaient un scanner avec lequel elles devaient balayer le code UPC de tous leurs achats.

L’expérience prit fin au bout de trois ans, officiellement parce qu’Arbitron ne réussit pas à convaincre suffisamment de clients que l’important investissement demandé justifiait les résultats obtenus, si intéressants étaient-ils.

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Télévision, c’était demain 2: l’ère Netflix

L’automne dernier j’avais rédigé un billet sur l’avenir possible de la télévision, “Télévision, c’était demain”, où j’abordais quelques-unes des avenues qui se dessinaient pour la boîte à images.

J’ai pensé revisiter cette thématique à la lumière de quelques lectures récentes et réflexions subséquentes, en quelques volets.

Premier volet : Netflix contre la télévision traditionnelle

Netflix domine le marché de l’accès au contenu en ligne et est, en conséquence, identifié comme l’ennemi public numéro un de la télévision traditionnelle.

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La bande des quatre et l’invasion des Joueurs Étrangers!

Au Canada, ils sont quatre à pratiquer l’intégration verticale et ils sont les champions mondiaux de cette discipline.

Les parts de marché combinées de Shaw, Rogers, Bell et Quebecor dans la distribution, la programmation, l’accès Internet fixe et les communications mobiles dépassent largement celles des Américains. Dans ce domaine, nos entreprises canadiennes font mordre la poussière aux géants Comcast/NBCU (nouveaux mariés, par ailleurs), DirecTV, Time Warner Cable et Dish Network (entre autres parce que les américaines ne sont pas dans le mobile).

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Internet, Twitter, web

Le premier twit

L’homme twitte depuis la préhistoire*,  depuis le moment où l’humain s’est mis à inscrire des images sur les rochers.

À preuve, ces peintures datant du Paléolithique supérieur, trouvées dans les grottes de La Roca dels Moros en Espagne et recouvertes d’inscriptions gravées dans la pierre depuis l’Antiquité jusqu’aux temps modernes. Lire la suite de « Le premier twit »

Internet, médias sociaux, web

Les séniornautes dans l’espace social

D’après Comscore, de plus en plus de  vieux boomers canadiens (les 55 ans et plus, les « moins de » sont de jeunes boomers), les séniornautes (quel horrible terme!) comme les appelle le CEFRIO,  joignent des réseaux sociaux en ligne.  En 2010, leurs visites des ces sites auraient augmenté de 48% par rapport à 2009.

Le CEFRIO les appelle les séniornautes dans une recherche qui vise à  se pencher sur les usages que font les aînés des technologies de l’information et de la communication. On peut lire la synthèse du premier volet de cette recherche ici.

Au nom de tous les séniornautes et de tous ceux qui le deviendront un jour (tout simplement en vivant au-delà de 55 ans), je voulais simplement être la première à inscrire ici mon espoir que ce terme ne passera jamais dans l’usage.

Et, pendant que j’y suis, déclarer que j’en ai assez de voir les humains ainsi divisés selon le simple fait de leur âge, ne serait-ce que parce que l’âge est une réalité qui change constamment, tandis que le sexe, pour la plupart d’entre nous du moins, reste stable tout au long de notre vie…

Internet, télévision, web

Blogueuse invitée – suivez le lien

J’ai ai été invitée par Louis Durocher d’Orénoque Interactif , une compagnie de référencement web, à participer à la publication d’une série de billets de blogueurs invités qui tâchent de répondre à cette question :  que nous réserve le monde du marketing Internet en 2011?

Ma contribution s’intitule : « Mes prédictions pour 2011: la fin des gazouillis stériles, la fin du sexe et la fin de longues fiançailles« .  Mes lecteurs attentifs remarqueront des recoupements avec d’autres billets. On ne se refait pas. J’ai profité du déménagement de mes réflexions pour recycler un peu de matériel. Et vice et versa.

CRTC, Google, Internet, télévision, web

Mariage web-télé: gros contrat de mariage en vue

Il semble qu’en 2011 les bans du mariage entre la télévision et le web seront encore publiés. 

Si mariage il y avait, il faudra absolument un contrat de mariage. Et c’est là que les choses se compliquent.

Il y a derrière la négociation de ce contrat une quantité impressionnante d’enjeux,  et beaucoup d’argent. Dans son panier de mariée la télévision apporte une expérience de plus de 50 années à captiver des auditoires de masse et à engranger d’importants revenus en échange.

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Internet, médias sociaux, web

Les médias sociaux, c’est la fin du sexe

Le Norman Lear Center, un think tank américain qui s’intéresse à l’impact des médias sur la société démontre, dans  «The Business and Culture of Social Media – in search of the people formerly known as the audience», que les nouvelles mesures de l’auditoire de masse ne seront plus basées sur un profil démographique, mais sur le comportement d’un auditoire global.

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Internet, web

Top 10, la suite

Suite de mon billet précédent, qu’il faut aller lire avant celui-ci pour comprendre où je veux en venir. J’ai cliqué sur le bouton “Publier” par inadvertance avant d’avoir complété mon top 10, ce qui a donné mon top 5. Mon top 5 de quoi? Il faut lire le billet précédent pour le savoir.

Pour ces 5, je vais aller du côté des émotions. Le web est un univers fascinant, l’ai-je déjà dit? Et il est plein de cette denrée dont tous les humains ont faim, ces émotions qui nous font nous sentir vivants.

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